- 4: plan de la tombe N° 1 de Fontaine-le-Puits, Savoie ;
- 1: poignard ; - 2: hache plate; - 3: "pendeloque" ; - 5: retouchoir en cuivre enfoncé dans un andouiller ; - 6: hallebarde en cuivre d'une autre tombe de Fontaine-le-Puits.
L'homme de Tarentaise et l'Homme du Similaun
ARCHÉOLOGIE ET PEUPLEMENT
DES ALPES FRANCAISES DU NORD
En 1908, à Fontaine-le-Puits en haute Tarentaise, furent ouvertes des tombes (96) dont une fut l'objet d'une fouille méticuleuse. Comme pour la découverte récente de la momie sur la frontière autrichienne, il y avait une hache de cuivre, un couteau de silex et un carquois avec pointes de flèches en silex. Un autre élément identique accentue la comparaison, celui d'un outil d'usage quotidien, rarement reconnu: le retouchoir à silex pour raffûter briquet, couteau ou pointes de flèche: c'est un fragment de bois de cerf enfoncé dans une branche de tilleul pour l'homme du Similaun et une petite barre de cuivre enfoncée dans un andouiller pour le Savoyard. Autre détail troublant mais significatif, dans les deux cas le corps était accompagné par une petite lame de silex tranchante trapézoïdale quasi identique.
Si les ressemblances sont frappantes entre les deux découvertes en ce qui concerne l'équipement des hommes de cette époque, la sépulture de Tarentaise montre que les vestiges de cuivre comme le rite funéraire ont leur origine culturelle et technique dans la civilisation de Remedello en Italie du Nord. Le défunt de Tarentaise faisait probablement partie d'un groupe de "Lombards" qui avaient remonté la Doire Baltée pour pénétrer dans le coeur du domaine alpin puis franchi le col du Petit-Saint-Bernard; se sont-ils installés définitivement en formant une colonie parmi les indigènes, gardant leurs armes, leurs outils et leur religion? Etaient-ils liés à la prospection ou à l'exploitation du cuivre ?